L’entomophagie, un mot qui ne nous est pas si inconnu.

Posté le 26 août 2013 dans Blog | 1 commentaire

Aujourd’hui, plus de 2,5 milliards d’Hommes mangent couramment des insectes dans le monde.
Vos ancêtres ont déjà mangés des insectes et vos descendants en mangeront très certainement. Alors… Pourquoi pas vous ? De tout temps, les insectes ont accompagné les humains, en étant notamment une de leurs sources de nourriture.

 

Avant que les insectes ne soient associés à la saleté et aux maladies, image qui leur colle encore à la cuticule de nos jours, ils étaient couramment consommés du fait de leur facilité de récolte (pas besoin de moyens techniques développés pour les ramasser) et de leur très grande diversité en goûts. Même encore aujourd’hui, ils sont très appréciés et consommés comme une gourmandise dans de nombreux pays.

 

Mila Tommaseo Ponzetta dans son article Rôle alimentaire des insectes dans l’évolution humaine, paru en 2003, va même jusqu’à affirmer combien les insectes ont été indispensables dans l’évolution humaine. Ils étaient un bon moyen de palier aux carences d’un régime essentiellement végétarien (carences en fer, vitamine B12…) dans les périodes où la chasse était difficile par exemple.

 

Cette consommation d’insectes s’est réellement développée en Europe au 19eme siècle avec la prise de conscience que les ressources alimentaires sont des ressources finies alors que la croissance de la population, elle, suit une croissance exponentielle. Suite à cette prise de conscience, des recherches approfondies pour trouver de nouvelles sources de protéines ont été menées et cette action est très largement soutenue par des grandes institutions nationales et internationales.

 

L’entomophagie est LE nouveau sujet à la mode dans les médias: « On veut nous faire manger des insectes !» titrent régulièrement de nombreux journaux sérieux tel que Le figaro ou plus récemment Les Echos.

 

Sachez cher lecteurs, que la consommation d’insecte à notre époque est présentée comme un « nouvel aliment » voire même une alimentation « innovante ». Et c’est tout à fait paradoxal puisqu’il s’agirait plutôt d’une « réintroduction » de cet aliment dans nos habitudes de consommation en Europe. Nous avons mené une véritable enquête et sélectionné, pour vous, quelques extraits de références de consommation d’insectes en Europe au cours de l’histoire de l’Humanité. Et pour les plus curieux, Jean-Baptiste DePanafieu, dans son livre « Les insectes nourriront-ils la planète ? » (Disponible ici : http://www.mangeons-des-insectes.com/product/livre-les-insectes-nourriront-ils-la-planete) nous met à disposition de nombreuses anecdotes croustillantes sur cette consommation historique d’insectes en Europe.

 

 

 

 

On trouve déjà dans les écrits de la Grèce antique des références aux criquets et aux cigales consommés aussi bien par les riches que par les pauvres.
Dans la Rome antique, l’aristocratie était très friande de consommation d’insectes et cette époque a très certainement été LA grande époque de consommation d’insectes. Les plats prisés servis aux banquets étant constitués le plus souvent de criquets enrobés de miel à l’aspect doré. Lucullus, gourmet bien connu, alla même jusqu’à nourrir pendant des mois des larves de lucane à partir de son et de vin avant de les faire rôtir par ses cuisiniers.

 

Puis, on retrouve en 1827 dans un écrit de Cuvier, un naturaliste français réputé dans “Animal Kingdom”, un rapport de Latreille dans lequel il est écrit que les enfants du sud de la France aimaient consommer les cuisses charnues des sauterelles.
En 1858, Freeman dans “The History of Cape Cod, le confirme en rapportant que les français jouaient à attraper des sauterelles qu’ils mettaient sur une pique pour les faire griller sur le feu et les déguster.
Henry Miot publia même une recette pour cuisiner les larves de Hanneton dans la Gazette des Campagnes en 1870 !

 

Finalement, le premier véritable ouvrage européen consacré essentiellement à l’entomophagie « Why not eat insects ? » a été écrit par Holt en… 1885! Preuve qu’à l’époque, on se posait déjà sérieusement la question de réintroduire les insectes dans notre alimentation.
Plus proche de notre époque, vers le milieu du 19ème siècle, une châtelaine du Val de Loire avait pour habitude d’offrir des beignets de hanneton à ses invités.
Ne soyez pas choqués, vous pouvez d’ores et déjà offrir des grillons à l’apéritif pour vos invités !

 

E. Brygoo, dans une thèse de 1948, “Les insectes comestibles” cite beaucoup de sources originales d’insectes utilisés comme nourriture. Et il discute aussi de la valeur nutritive d’insectes dans le régime humain. Discussion qui est de nouveau d’actualité et qui bénéficie aujourd’hui du soutien de l’Union Européenne pour démarrer des recherches plus approfondies sur le sujet. (Nous avions déjà mentionné les bienfaits nutritionnels des Vers de farine dans notre article précédent et que vous pouvez relire ici : http://www.mangeons-des-insectes.com/blog/les-acides-gras-et-les-vers-de-farine)
Reay Tannahill rappel en 1973 dans “Food in History” que: « On a considéré plusieurs insectes comme mets délicieux en Europe et un nombre de ces insectes est toujours mangé avec plaisir en Chine, en Afrique et en Australie de nos jours »

 

Au début du 20ème siècle en Ardèche, à Saint Jean Le Centenier, petit village cévenol, on consommait encore accommodé en omelette le vers à soie.
Le célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre a écrit : « Je vais capturer de gros criquets qui se cuisinent sommairement frits, au beurre et au sel [… ]C’est supérieur aux cigales vantées par Aristote. Il s’y trouve certaine saveur d’écrevisse, certain fumet de crabe grillé… ».

 

 

 

Puis, finalement, en 2003, la consommation d’insectes a de nouveau été une question sérieusement posée par la FAO et d’importants moyens ont été mis en œuvre pour y répondre et vulgariser cet aliment dans les pays industrialisés.

 

L’évolution de l’alimentation accompagne les transformations de notre société. Et aujourd’hui, il se peut que nous devions réintroduire les insectes dans notre alimentation pour nous permettre d’avoir une ressource protéique suffisante, saine (grâce à une production 100% Européenne qui respecte les normes d’hygiène et de qualité en vigueur concernant les denrées alimentaires), et respectueuse de l’environnement pour nourrir les 9 milliards d’Hommes que nous seront dans 20 ans.

 

Alors chers français… Vous voyez bien que nous n’avons pas seulement consommés que des escargots et des cuisses de grenouilles…!

1 commentaire

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  1. ju

    j’aiiiiiiiiiime les grillons!

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