Chaque Français consommerait 500 g d’insectes par an, c’est vrai ça ?

Posté le 18 mars 2014 dans Blog, Entomophagie | Ajouter un commentaire

Au cours de vos lectures sur la consommation d’insectes comestibles, vous êtes peut être déjà tombé sur un chiffre aussi étonnant que difficile à croire ou à imaginer d’autant qu’il concerne chacun d’entre nous. Chaque Français, petit ou grand, favorable ou totalement réfractaire à l’idée même de manger des insectes, consommerait de façon involontaire près de 500 g d’insectes par an. Cependant, la source et l’origine de ce chiffre dans les articles ou les vidéos le mentionnant sont rarement évoquées. Alors, exagération ou vraie donnée culinaire, nous avons décidé de tout vous expliquer !

 

Il existe un texte réglementaire, appelé le codex alimentarius qui fixe pour les farines et les graines alimentaires les seuils à ne pas dépasser pour les insectes. De nombreuses espèces d’insectes se retrouvent de façon quasi systématique dans les farines sous forme de fragments de très petite taille. Il est en effet à l’heure actuelle impossible de stocker des graines ou de la farine sans que des individus à 6 pattes ne s’y invitent et y voient l’opportunité de s’offrir un séjour avec buffet à volonté.

 

 

Pour le blé par exemple, si la loi exclut la présence d’insectes entiers vivants dans la farine ou dans les graines, elle autorise au maximum 0,1 % de fragments d’insecte par masse d’échantillon. Chaque Français consomme en moyenne 58 kg de pain par an. Ainsi, rien qu’avec le pain, chaque Français ingère près de 60 g par an d’insectes. Si vous y ajoutez tous les aliments élaborés à partir de farine comme les pâtes et les biscuits, le chocolat, les fruits et légumes, vous arrivez à un chiffre compris entre 500 et 1 kg de fragments d’insecte consommés par an par personne.

 

Cette consommation inconsciente et non contrôlée n’est évidemment révélatrice que de la difficulté à maintenir les insectes éloignés des denrées stockées. Elle montre cependant un type de relation alimentaire (cachée ou inavouée) déjà existante entre les européens et les insectes.

 

Source codex : ftp://ftp.fao.org/codex/publications/Booklets/Cereals/CEREALS_2007_FR.pdf

L’entomophagie, un mot qui ne nous est pas si inconnu.

Posté le 26 août 2013 dans Blog | 1 commentaire

Aujourd’hui, plus de 2,5 milliards d’Hommes mangent couramment des insectes dans le monde.
Vos ancêtres ont déjà mangés des insectes et vos descendants en mangeront très certainement. Alors… Pourquoi pas vous ? De tout temps, les insectes ont accompagné les humains, en étant notamment une de leurs sources de nourriture.

 

Avant que les insectes ne soient associés à la saleté et aux maladies, image qui leur colle encore à la cuticule de nos jours, ils étaient couramment consommés du fait de leur facilité de récolte (pas besoin de moyens techniques développés pour les ramasser) et de leur très grande diversité en goûts. Même encore aujourd’hui, ils sont très appréciés et consommés comme une gourmandise dans de nombreux pays.

 

Mila Tommaseo Ponzetta dans son article Rôle alimentaire des insectes dans l’évolution humaine, paru en 2003, va même jusqu’à affirmer combien les insectes ont été indispensables dans l’évolution humaine. Ils étaient un bon moyen de palier aux carences d’un régime essentiellement végétarien (carences en fer, vitamine B12…) dans les périodes où la chasse était difficile par exemple.

 

Cette consommation d’insectes s’est réellement développée en Europe au 19eme siècle avec la prise de conscience que les ressources alimentaires sont des ressources finies alors que la croissance de la population, elle, suit une croissance exponentielle. Suite à cette prise de conscience, des recherches approfondies pour trouver de nouvelles sources de protéines ont été menées et cette action est très largement soutenue par des grandes institutions nationales et internationales.

 

L’entomophagie est LE nouveau sujet à la mode dans les médias: « On veut nous faire manger des insectes !» titrent régulièrement de nombreux journaux sérieux tel que Le figaro ou plus récemment Les Echos.

 

Sachez cher lecteurs, que la consommation d’insecte à notre époque est présentée comme un « nouvel aliment » voire même une alimentation « innovante ». Et c’est tout à fait paradoxal puisqu’il s’agirait plutôt d’une « réintroduction » de cet aliment dans nos habitudes de consommation en Europe. Nous avons mené une véritable enquête et sélectionné, pour vous, quelques extraits de références de consommation d’insectes en Europe au cours de l’histoire de l’Humanité. Et pour les plus curieux, Jean-Baptiste DePanafieu, dans son livre « Les insectes nourriront-ils la planète ? » (Disponible ici : http://www.mangeons-des-insectes.com/product/livre-les-insectes-nourriront-ils-la-planete) nous met à disposition de nombreuses anecdotes croustillantes sur cette consommation historique d’insectes en Europe.

 

 

 

 

On trouve déjà dans les écrits de la Grèce antique des références aux criquets et aux cigales consommés aussi bien par les riches que par les pauvres.
Dans la Rome antique, l’aristocratie était très friande de consommation d’insectes et cette époque a très certainement été LA grande époque de consommation d’insectes. Les plats prisés servis aux banquets étant constitués le plus souvent de criquets enrobés de miel à l’aspect doré. Lucullus, gourmet bien connu, alla même jusqu’à nourrir pendant des mois des larves de lucane à partir de son et de vin avant de les faire rôtir par ses cuisiniers.

 

Puis, on retrouve en 1827 dans un écrit de Cuvier, un naturaliste français réputé dans “Animal Kingdom”, un rapport de Latreille dans lequel il est écrit que les enfants du sud de la France aimaient consommer les cuisses charnues des sauterelles.
En 1858, Freeman dans “The History of Cape Cod, le confirme en rapportant que les français jouaient à attraper des sauterelles qu’ils mettaient sur une pique pour les faire griller sur le feu et les déguster.
Henry Miot publia même une recette pour cuisiner les larves de Hanneton dans la Gazette des Campagnes en 1870 !

 

Finalement, le premier véritable ouvrage européen consacré essentiellement à l’entomophagie « Why not eat insects ? » a été écrit par Holt en… 1885! Preuve qu’à l’époque, on se posait déjà sérieusement la question de réintroduire les insectes dans notre alimentation.
Plus proche de notre époque, vers le milieu du 19ème siècle, une châtelaine du Val de Loire avait pour habitude d’offrir des beignets de hanneton à ses invités.
Ne soyez pas choqués, vous pouvez d’ores et déjà offrir des grillons à l’apéritif pour vos invités !

 

E. Brygoo, dans une thèse de 1948, “Les insectes comestibles” cite beaucoup de sources originales d’insectes utilisés comme nourriture. Et il discute aussi de la valeur nutritive d’insectes dans le régime humain. Discussion qui est de nouveau d’actualité et qui bénéficie aujourd’hui du soutien de l’Union Européenne pour démarrer des recherches plus approfondies sur le sujet. (Nous avions déjà mentionné les bienfaits nutritionnels des Vers de farine dans notre article précédent et que vous pouvez relire ici : http://www.mangeons-des-insectes.com/blog/les-acides-gras-et-les-vers-de-farine)
Reay Tannahill rappel en 1973 dans “Food in History” que: « On a considéré plusieurs insectes comme mets délicieux en Europe et un nombre de ces insectes est toujours mangé avec plaisir en Chine, en Afrique et en Australie de nos jours »

 

Au début du 20ème siècle en Ardèche, à Saint Jean Le Centenier, petit village cévenol, on consommait encore accommodé en omelette le vers à soie.
Le célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre a écrit : « Je vais capturer de gros criquets qui se cuisinent sommairement frits, au beurre et au sel [… ]C’est supérieur aux cigales vantées par Aristote. Il s’y trouve certaine saveur d’écrevisse, certain fumet de crabe grillé… ».

 

 

 

Puis, finalement, en 2003, la consommation d’insectes a de nouveau été une question sérieusement posée par la FAO et d’importants moyens ont été mis en œuvre pour y répondre et vulgariser cet aliment dans les pays industrialisés.

 

L’évolution de l’alimentation accompagne les transformations de notre société. Et aujourd’hui, il se peut que nous devions réintroduire les insectes dans notre alimentation pour nous permettre d’avoir une ressource protéique suffisante, saine (grâce à une production 100% Européenne qui respecte les normes d’hygiène et de qualité en vigueur concernant les denrées alimentaires), et respectueuse de l’environnement pour nourrir les 9 milliards d’Hommes que nous seront dans 20 ans.

 

Alors chers français… Vous voyez bien que nous n’avons pas seulement consommés que des escargots et des cuisses de grenouilles…!

Les acides gras et les vers de farine

Posté le 3 mai 2013 dans Blog, Entomophagie, Nos activités | Ajouter un commentaire

vers de farine

 

Les insectes comestibles sont souvent mis en avant pour la quantité importante de protéines qu’ils contiennent. Mais les qualités nutritionnelles ne se résument pas à la teneur en protéines. Les insectes sont sources de vitamines, de minéraux, de fibres et d’acides gras. Les acides gras ont souvent mauvaise réputation mais sont pourtant indispensables au bon fonctionnement de notre organisme puisqu’ils représentent en autre une source importante d’énergie métabolique.

 

On distingue 3 grands types d’acides gras : les acides gras saturés, les acides gras mono-insaturés et les acides gras poly-insaturés. Pour être bénéfique pour la santé humaine, la proportion de ces différents acides gras doit être comprise dans un certain intervalle. Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) crée en 2001, qui vise à améliorer l’état de santé de la population, préconise de consommer des acides gras répartis de la sorte: 25% d’acides gras saturés, 60% d’acides gras mono-insaturés et 12% d’acides gras poly-insaturés.

 

Récemment, les résultats de tests sur les acides gras des vers de farine élevés chez Micronutris nous sont parvenus. Ils montrent que la proportion d’acides gras contenus chez nos vers de farine est très proche de celle préconisée par le PNNS. Nos vers de farine contiennent en effet 26% d’acides gras saturés, 55% d’acides gras mono-insaturés et 17% d’acides gras poly-insaturés.

 

Le menu à base de végétaux issus de l’agriculture biologique élaboré chez Micronutris pour l’élevage des vers de farine permet donc d’obtenir un profil d’acides gras très intéressant dans l’optique d’une consommation humaine. Certaines espèces insectes comme le vers de farine pourraient même s’incorporer en tant qu’aliments dans les plans de santé publique, et pas seulement pour leur teneur en protéines.

Du cuisinier amateur aux chefs étoilés, les insectes comestibles s’invitent à toutes les tables

Posté le 4 mars 2013 dans Blog, Entomophagie | Ajouter un commentaire

Les insectes comestibles s'invitent à toutes les tables

 

Les insectes comestibles ne font pas exception à la règle : avant de les déguster, il faut les cuisiner ! Comme la plupart des aliments, la manière de les préparer et de les accompagner va fortement influer sur le rendu final. Il n’existe cependant pas encore de règles de préparation bien définies. L’aspect innovant de ce nouvel aliment peut constituer à la fois un frein puisque l’absence de repères sur sa préparation peut compliquer sa découverte, mais il peut aussi être un atout indéniable puisqu’il offre un terrain de jeu encore quasiment inexploité aux passionnés de cuisine. Et ces derniers ne s’en privent pas.

 

Sur le web, on commence à trouver des vidéos dans lesquelles des particuliers s’essayent à la cuisine et la dégustation d’insectes comestibles. Dans les librairies, des livres sur la façon de cuisiner les insectes comestibles commencent à apparaître. Des chefs reconnus comme le Danois René Redzepi les servent même à leur client. Plusieurs journaux français et internationaux relatent en effet que certains insectes sont depuis peu servis dans son restaurant « le Noma » au Danemark, élu meilleure table du monde ces trois dernières années. Et le danois ne sera pas le seul à innover avec des insectes dans ses plats : selon une enquête Rentokil, près d’1 grand chef sur 4 envisagerait de cuisiner des insectes comestibles.

 

Le simple fait que des cuisiniers amateurs, chevronnés et même étoilés commencent à tester toutes sortes de recettes incorporant des insectes comestibles va activement participer au développement et à la démocratisation de l’entomophagie. En effet, le plaisir en bouche provoqué par des insectes comestibles bien préparés et bien accompagnés est et restera l’un des meilleurs ambassadeurs pour cette nouvelle pratique alimentaire.

 

N’hésitez pas à nous soumettre vos recettes à base d’insectes comestibles, nous nous ferons un plaisir de les essayer et de les publier sur notre site dans la rubrique “Recettes“.

Les insectes comestibles, un destin comme celui de la pomme de terre ?

Posté le 14 janvier 2013 dans Blog, Entomophagie | 1 commentaire

Les insectes comestibles, un destin à la pomme de terre ?

 

Aujourd’hui, certains aliments nous paraissent aussi familiers que délicieux. C’est le cas notamment de la pomme de terre qui se décline en une multitude de variétés et que les gourmands cuisinent et dégustent de multiples façons. Pourtant, si on revient quelques siècles en arrière vers 1570, à l’époque où la pomme de terre est introduite en Europe par des conquistadores espagnols de retour des Amériques, on s’aperçoit que la pomme de terre est victime en France d’une mauvaise réputation infondée à tel point qu’on la délaisse complètement et qu’on la réserve pour nourrir les animaux. Ca ne vous rappelle rien ?

 

C’est grâce à un pharmacien du nom de Parmentier que la pomme de terre va enfin se faire sa place dans nos assiettes. Parmentier qui connaissait les qualités nutritives de la pomme de terre en fit un moyen de lutte efficace contre les famines qui se succédaient dans la France du 18éme siècle. Sa production et sa consommation se démocratisèrent jusqu’à arriver sur les tables des rois de l’époque. Il aura fallu ainsi attendre plus de deux siècles avant que la pomme de terre ne s’installe durablement dans notre pays. Il aura fallu surtout un contexte de crise alimentaire pour que les qualités de la pomme de terre surpassent les préjugés. Ca ne vous rappelle toujours rien ?

 

A l’heure actuelle en Europe, on ne parle pas de crise mais de problématiques alimentaires. En effet, un des enjeux majeurs de notre génération et des générations futures est de trouver des solutions pour nourrir une population croissante de façon durable. C’est dans ce contexte que les qualités nutritionnelles et environnementales des insectes comestibles pourraient éclipser les préjugés et leurs permettre de se positionner durablement comme une des solutions à ces problématiques. Mais cela ne se fera pas en quelques jours !

Les futurs martiens mangeront-ils des insectes comestibles ?

Posté le 5 décembre 2012 dans Blog, Entomophagie | 1 commentaire

Les futurs martiens mangeront-ils des insectes comestibles ?

 

Coloniser Mars est aujourd’hui l’un des projets un peu fou des différentes agences spatiales comme la célèbre agence américaine, la NASA. De nombreux scientifiques sont d’ailleurs déjà au travail sur ce sujet passionnant. Bien-sûr ce n’est pas pour demain, ni même pour après demain tant la liste des défis à relever est longue. En effet, en complément des problèmes technologiques et psychologiques inhérents au voyage, il existe d’autres problématiques parfois moins évidentes aux premiers abords mais toutes aussi cruciales pour la réussite d’un tel projet. Parmi ces problématiques, on trouve celle de l’apport en nourriture et de l’équilibre alimentaire des futurs colons. C’est à ce niveau que les insectes comestibles pourraient offrir de nombreuses solutions.

 

Trouver des systèmes d’agriculture adaptés à la vie confinée sur Mars et qui permettent de couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels, telle est la tache complexe de certains chercheurs travaillant pour la NASA. Selon eux, les insectes comestibles feront partie du menu des colons au même titre que divers végétaux. Couplés, ces éléments permettent de répondre aux besoins nutritionnels et leur production est compatible avec les nombreuses contraintes liées à la vie sur Mars (espace limité, ressource disponible limitée, recherche de productivité, nécessité de recyclabilité des éléments,…). En complément de leur qualité nutritionnelle, certains insectes peuvent en effet s’élever en grand nombre sur des surfaces limitées en un temps relativement court. Leurs excréments peuvent être recyclés en tant qu’engrais pour les végétaux. Enfin, leur besoin en eau est limité. Bref, à terme, l’agriculture spatiale risque fort de rimer avec entomoculture.

 

Depuis quelques années, les insectes comestibles s’inscrivent comme une solution possible pour nourrir la terre de façon durable. Il se pourrait donc que les insectes comestibles soient également l’avenir de la conquête spatiale. Si malheureusement il y a une chance infime que notre génération puisse un jour voir de ses propres yeux ou même toucher du doigt ce qu’est la vie sur Mars, manger des insectes comestibles pourra au moins nous en donner un léger aperçu.

 

Plus d’infos à lire dans ce PDF (en anglais) : ENTOMOPHAGY AS PART OF A SPACE DIET FOR HABITATION OF MARS
Et également ici : http://adsabs.harvard.edu/abs/2006cosp…36..134K